Focus : FISHER | DJMAG France - Suisse - Belgique

Mais qui est ce drôle de poisson ? Fisher défile à longueur de journée dans le fil d'actualité de nos réseaux sociaux, avec un sens de la communication et de la mise en scène totalement inédit dans le petit cercle de la House underground...

Fisher est passé en un temps record de parfait inconnu à un artiste incontournable sur la scène internationale. Si l’ascension stratosphérique du DJ et producteur australien a été largement portée par son tube 'Losing It', son enthousiasme communicatif et sa positivité contagieuse derrière les platines – tout comme dans ses vidéos – ont aussi grandement contribué à ce nouveau statut.


Je suis en train de vivre un rêve. Comment je pourrais ne pas le partager ? 

Paul Nicholas Fisher est un Australien pure souche. Il adore sa musique, surfer et rigoler avec ses amis. Et cela se lit parfaitement sur son visage : voilà un homme qui respire la joie de vivre et qui glousse malicieusement lorsqu’il rigole. Etonnamment, celui qui est plus connu sous le nom de Fisher (pêcheur - en anglais) n’aime pas la pêche. "Je ne vais à la pêche seulement parce que mes amis adorent ça. Mais moi je déteste ça !". Fisher – que ses proches appellent Fish depuis son plus jeune âge – n’est même pas vraiment fan de poisson. "Ils se ressemblent tous, ces putains de trucs !" dit-il en rigolant. L'auteur de 'Losing It', le morceau le plus joué à Tomorrowland 2018 l’année dernière, nominé aux Grammys Awards et élu comme l’un des plus gros tracks de 2018 par quasiment la moitié des artistes du Top100DJs, est le premier à halluciner sur son succès. 

L’Australien est très présent en ligne et il adore faire des vidéos Instagram. Dans les faits, le DJ a été devant les caméras une bonne partie de sa vie d’adulte. Pourtant vous avez surement loupé cet épisode. Son ascension a été si rapide, qu’elle n’a pas été décrite dans les détails. Depuis son premier single 'Ya Kidding' sorti chez Dirtybird en juin 2017, il ne s’est jamais vraiment arrêté. L’Australien a rapidement séduit les DJs influents en matière de House. "J’ai envoyé 'Ya Kidding' à très peu de monde" explique-t-il. "Evidemment Claude Vonstroke a commencé à jouer le morceau et j’étais très content parce que j’adore son travail. Puis j’ai reçu une vidéo de Eats Eveything le jouant à une soirée Elrow et je me suis dit « Ah ok, il est aussi à fond sur ce titre ». Puis Skream s’y est mis aussi. Puis les gars de Solardo. Puis Erick Morillo. Quand le morceau est sorti, il a atteint la troisième place sur Beatport. Puis [la station radio australienne] Triple J a commencé à le diffuser en journée, ce qui est plutôt rare pour un morceau club, et des DJs encore plus important se sont aussi mis à le jouer. Et c’est là que les choses sont vraiment devenues dingues". Mais même avec un tel support, à ce moment Fisher n’était encore qu’un nouveau-venu parmi tant d’autres. Le producteur a donc donné une suite à 'Ya Kidding' quelques mois plus tard avec deux titres : 'Stop It' et 'Ya Didn’t'. Deux tracks dans la parfaite continuité de son travail. Au printemps 2018 s’en est suivi 'Crowd Control' puis est arrivé la tornade 'Losing It'.

Et si les choses étaient déjà devenues folles avant son cinquième titre, ce track l'a propulsé dans une nouvelle dimension. Fisher était le seul à avoir ce morceau lorsqu’il l’a joué pour la première fois à Coachella. Et le titre est immédiatement devenu un tube viral. "Je voulais tester le morceau alors j’ai demandé à mon manager de filmer le public lors que je l'ai joué. J’ai posté la vidéo pour voir la réaction de mes followers et ça a explosé. C’était en avril mais je n’ai donné le morceau à personne d’autre pendant au moins un mois. Pourtant, il se propageait grâce à cette vidéo. Je n’arrive toujours pas à y croire aujourd’hui".

Et pour cause, atteindre un tel niveau de succès après seulement 5 singles semble totalement incroyable. Surtout avec un son qui ne correspond pas aux codes attendus du marché grand public. Mais si Fisher est un nouveau-venu sur le devant de la scène, dans les coulisses, il affûte ses lames de DJ-producteur depuis son installation à Los Angeles à la fin des années 2000. L’Australien avait alors quitté son pays aux côtés de son ami Leigh « Sedz » Sedley pour continuer sa carrière de surfeur professionnel. "Nous sommes arrivés aux Etats-Unis il y a onze ans. On jouait souvent à des évènements de surf ou à des after-parties. Les choses se sont accélérées quand un ami a décidé de nous manager et de nous booker dans des clubs. J’ai appris ce que je voulais faire en tant que producteur avec le projet Cut Snake". D’abord connus sous le nom de Bareback DJs, Fisher et Sedz sont devenus Cut Snake au début des années 2010. Posant les bases du style et du succès actuel de Fisher, Cut Snake s’est aussi fait un nom par lui-même – avec des morceaux sortis en major (Warner) et chez le géant de l’EDM Insomniac. Sedz a ensuite pris les contrôles de Cut Snake en solo mais les deux Australiens (qui se connaissent depuis leur adolescence) sont restés des amis proches.

"J’ai adoré apprendre à ses côtés en tant que Cut Snake. Mais j’ai voulu tracer ma propre voie. Sedz voulais prendre un chemin musical différent et moi je voulais expérimenter le son que j’ai désormais. Le son des morceaux House que j’adore mais rendu plus lourd." Mais le processus qui a amené Fisher à son nouveau statut de DJ incontournable n’a pas commencé avec Cut Snake. Non, ce développement est même bien antérieur à ses débuts musicaux. Durant sa carrière de free-surfeur, l’Australien s’est fait un nom avec ses vidéos Follow The Fish où il interviewait des surfeurs, plaisantait énormément et prenait du bon temps avec ses amis. C’est durant cette période qu’il est devenu ce personnage authentique et attachant qui sait ce qu’il fait, tout en s’amusant...

Est-ce que ma vie a changé ? Pas vraiment. Ce qui a changé ce sont mon travail et ma carrière. Mais j’ai les mêmes amis, je m’amuse toujours autant, je me retrouve juste à jouer des morceaux désormais.

Voilà pourquoi Fisher semble avoir atteint son nouveau statut de superstar avec une si grande légèreté et sans aucun égo. Si les platines ont désormais remplacé ses planches de surf, il reste toujours entouré de la même bande de proches. Il cite d’ailleurs régulièrement ses amis dans ses interviews, tout comme sa fiancée Chloé Chapman. La designer est avec Fisher depuis sept ans, l’accompagnant sur chaque date et faisant en sorte de lui garder les pieds sur terre. Et elle n’est pas la seule à suivre le DJ dans ses déplacements. Brett, son ami de longue date et manager à l’époque de Cut Snake, est toujours à ses côtés et son équipe de management est uniquement composée de proches. "A peu près partout où je vais dans le monde, j’ai un ami qui me rejoins et je peux partager le voyage avec lui. Et c’est assez fou je dois dire. Les fêtes, le fun, je suis en train de vivre un rêve. Comment je pourrais ne pas le partager ? J’adore vraiment ça !".

L’Australien ne se plaint jamais des horaires épuisants, des conditions de travail ou de tous les autres aspects négatifs de la vie de DJ. Il sait à quel point il est chanceux de vivre tout ce qui lui arrive aujourd’hui. Un vrai vent de fraicheur dans une scène qui a parfois tendance à se prendre un peu trop au sérieux et où très peu de DJs peuvent se montrer aussi enthousiastes et facilement abordables que lui. Fisher tient d’ailleurs à marquer cette accessibilité avec une invitation ouverte pour écouter les démos de son propre label, Catch & Release. "Je veux lancer le label et organiser mes propres soirées. Je pars à la pêche aux nouveaux tracks en ce moment et qui sait ce que je vais trouver ? J’espère qu’on m’enverra de super choses ! Il n’est question que de soirées, de nouveaux morceaux et de nouveaux artistes… que du fun en sorte". Deux nouveaux titres de Fisher devraient arriver d'ici l’été. Et fidèle à lui-même, l’Australien ne se soucie absolument pas de réussir ou non à égaler le succès stratosphérique de son tube 'Losing It'.

Vous l'avez compris, il ne se préoccupe que d’une chose : prendre du plaisir à faire ce qu’il fait. Fisher n’aime ni la pêche ni les poissons mais il adore vraiment sa nouvelle vie. Et il jouera pour la première fois en France à Paris le 12 juin à l’invitation du festival Family Piknik.

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